 |
Les
Dignitaires de la Confrérie de Saint Grégoire
de Nicopolis souhaitent, au côté de la grande
sœur qui loue les mérites du Pithiviers, contribuer
activement au rayonnement de cette « ville au goût
sucré ».
La
Confrérie du Pain d’Epices de Saint Grégoire
de Nicopolis a l’intention de faire revivre une tradition
locale, de promouvoir le Pain d’Epices du Gâtinais
par des manifestations en son honneur.
Une
confrérie a pour but d’assurer la promotion de
sa ville, de sa région et des produits qui en font
sa réputation. Gardienne d’un « trésor
culinaire », elle œuvre pour le transmettre aux
générations futures. Le bon sens, la tolérance,
le respect des coutumes et des traditions, en bonne intelligence
sont les scellements de l’amitié des confrères,
sur le modèle des ordres de chevalerie où l’honneur
et le respect des valeurs et des hommes doivent servir de
référence à la jeunesse.
La
Confrérie du Pain d’Epices de Saint Grégoire
de Nicopolis a l’intention de se lancer dans la croisade
des « chevaliers du goût » et surtout de
rendre à Saint Grégoire le pain d’épices
et sa place dans le cœur des pithivériens.
C’est
dans cet esprit que la Confrérie du Pain d’Epices
de Saint Grégoire de Nicopolis est née et compte
perdurer sur le modèle de ses consœurs de la Région
Centre.
HISTOIRE
D’UNE SAVEUR REGIONALE

La
vaste région Centre Val de Loire est une mosaïque
de terroirs et de saveurs bénies des dieux et choisie
par les rois.
Au
Nord d’Orléans se trouvent les riches étendues
céréalières de la Beauce, parsemées
de coquelicots, et le Gâtinais, où les alouettes
invisibles s’élancent vers le lointain horizon,
n’indiquant leur présence que par leurs chants
joyeux. Une région à la personnalité
bien marquée, forte de sa culture, de son passé,
de ses paysages et de ses traditions gourmandes.
Pithiviers
est situé aux frontières de la Beauce et du
Gâtinais, carrefour de routes gauloises, puis romaines.
Dès avant l’an mille, elle fut le fief puissant
d’Héloïse de Champagne, fille aînée
du comte de Chartres Eudes 1er et d’Ermengarde. Aloyse
ou Héloïse, duchesse d’Orléans, naquit
vers 960. sœur de Roger, évêque-comte de
Beauvais et Chancelier de France, elle fût veuve de
Raynard de Broyes et placée à la tête
de la châtellerie de Pithiviers.
Aloyse fit restaurer le château fort et élever
l’un des plus ancien donjon de pierre de l’Orléanais.
Elle dota l’église Saint-Georges de Pithiviers
d’un collège de chanoines et contribua à
l’expansion de la ville. Elle mourut en 1025, mais sa
réputation était telle que près de deux
siècles après sa mort, elle était encore
chantée par les auteurs des chansons de gestes.
Son tombeau se voyait encore à la révolution,
dans le chœur de l’église Saint-Georges,
la statue de la princesse était étendue couchée
les mains jointes ; à ses pieds était un lévrier,
symbole de sa fidélité à son époux
dont elle ne cessa de pleurer la mort.
Pithiviers
est donc depuis très longtemps une cité commerçante
active et accueillante. Mais de trop proches et trop puissantes
rivales, Orléans et surtout Paris, l’ont condamnée
à ne rester qu’une bourgade prospère blottie
au milieu des champs de blé, de seigle et d’orge,
jouissant, et ce n’est guère surprenant, d’une
longue tradition de boulangerie.
Le seul nom de Pithiviers suffit à saliver de plaisir,
car cette bourgade au nom sucré, est le berceau de
pâtisseries renommées : le Pithiviers et le Pain
d’Epices.
En
effet, le célèbre Pain d’Epices est bien
du Gâtinais et cela depuis le X siècle et si
la Bourgogne et l’Alsace revendiquent aussi cette spécialité,
son origine se trouve bien à Pithiviers.
Comme
chacun sait, les abeilles sont particulièrement industrieuses
en Gâtinais, dont les fleurs sont pour elles une pâture
parfumée et ce pays s’enorgueillit depuis l’antiquité
de son miel limpide, ambré et délicatement parfumé.
Ce que l’on sait moins, c’est que ce fleuron gastronomique
est l’héritage d’un saint homme arménien.
Dans
la seconde moitié du Xème siècle, au
temps de l’empereur chrétien de Constantinople
Basile II et du roi Senequerim, vivait à Nicopolis,
en Arménie Première (Cappadoce Pontique), un
saint archevêque du nom de Grégoire. Malgré
les troubles politiques de l’époque, les incursions
répétées des turcs seldjoucides qui envahissaient
déjà les contrées du Caucase, les perpétuelles
distensions avec les Byzantins, le bon Grégoire continuait
de gouverner sagement son archevêché de Nicolpole
et jouissait du respect et de l’amour de tous. Malgré
sa sagesse et son engagement dans ses tâches épiscopales,
il fût chassé de son diocèse par une armée
perse peu après une insurrection des arméniens
contre l’empereur Basile II.
Après avoir consulté Dieu, il prit son bâton
de pèlerin et se dirigea vers l’Occident, traversant
les terres chrétiennes de l’Europe centrale et
du Nord de l’Italie, il arriva après une longue
pérégrination dans le royaume d’Hugues
Capet. La providence guida ses pas vers le pays du Gâtinais.
Reçu par Arlefroy, Chevalier de l’église
Saint-Georges, il obtint de la sage Aloyse de Pithiviers l’autorisation
de mener une vie érémitique à proximité
de l’église Saint Martin-le-Seul, de Baudrevilliers,
délaissée par les moines de Vertou.
Il
s’installa dans une petite grotte à proximité
de l’église. Cette cellule exiguë et naturelle
qui n’avait d’autre étendue que la dimension
de son corps, lui permit de mener une vie d’ermite dans
la pénitence et la réclusion. Le pontife Grégoire
vécut sept années dans cette retraite, s’isolant
en de longues contemplations, se nourrissant de racines comestibles
et de miel sauvage, pratiquant une austérité
inconnue en Occident.
Le parfum de sa piété, de sa bonté, de
sa sainteté ne tarda pas à se répandre
dans tout le pays environnent. Il attirait autour de lui les
habitants de la contrée par le renom de sa sainteté,
la charité de son accueil, l’étendue de
son savoir et la valeur de sa prédication.
Bourgeois et paysans affluaient vers son ermitage, car ses
vertus, sa pureté, sa sainteté et l’étendue
de sa culture et de sa connaissance lui conféraient
le pouvoir de guérir les maux et de faire des miracles
en invoquant le Seigneur. Les dons lui permettaient de donner
aux pauvres et d’offrir à ses hôtes une
hospitalité orientale, leur offrant après le
repas, un gâteau à la recette de son pays fait
de miel et d’épices qu’il composait lui-même,
à la mode de sa lointaine patrie, l’Arménie.
Un précieux manuscrit du Xème siècle
de l’Abbaye de Micy, nous relate ainsi ces moments :
« Grégoire invitait à ses repas des prêtres
et des ministres sacrés et même aussi des laïques
pieux, il leur servait non seulement les aliments du corps,
mais aussi ceux de l’âme. Lui-même composait
de ses propres mains un gâteau avec du miel et des épices,
à la mode de sa patrie, le sourire aux lèvres,
il leur en offrait après le repas, pendant la récitation
des hymnes et des cantiques. Ses hôtes, en le dégustant,
croyaient jouir de tous les délices du Paradis. »
Pendant
les sept années qu’il vécut dans sa nouvelle
patrie, Grégoire l’Arménien, comme on
l’appelait, eut le temps d’enseigner au peuple
cette agréable pâtisserie. Lorsqu’il s’éteignit
en odeur de sainteté, un 16 mars vers l’an 999,
il laissa en héritage aux pithivériens, non
seulement un saint Patron pour la ville de nos jours encore
vénéré, non seulement des reliques miraculeusement
conservées à travers les siècles, des
sacs, des sièges et des révolutions, mais aussi
et surtout une friandise appréciée de tout temps
par les petits et les grands et qui fait la joie de tous les
gourmets depuis près de mille ans.
Dans
ce pays d’anciennes cultures, de racines, les hommes
ont transmis le Pain d’Epices au travers des générations,
mais aussi un savoir-faire, un goût du bonheur et de
la perfection, du travail bien fait et de l’authentique
avec le souci des artisans d’autrefois.
Il existait à Pithiviers une corporation bien réglementée
de « boulangers en pain d’épices »
ou « pain-épiciers » qui préparaient
depuis le Xème siècle le pain d’épices
selon la recette transmise par Saint Grégoire l’Arménien.
|